Abjurer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XV e siècle. Emprunté du latin abjurare, « nier avec serment ». Renoncer, par un acte solennel ou un serment, à une religion, à une doctrine. Il refuse d' la foi de ses pères. Absolt. Henri IV abjura en 1593. Par ext. Abandonner une idée, une conduite, une attitude. Abjurer le marxisme. Abjurer ses erreurs. Il a fini par tout principe.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Abandonner, par un acte solennel, une religion ou une doctrine. "Abjurer le judaïsme. Abjurer son erreur." Absolument, "Il abjura dans l'église de Notre-Dame. Après qu'il eut abjuré entre les mains de l'évêque."
Au figuré il signifie simplement Abandonner ce qu'on faisait profession de croire, d'aimer, de pratiquer. "Abjurer Aristote, Descartes," Abjurer la doctrine d'Aristote, de Descartes. "Elle avait abjuré toute pudeur, tout principe d'honneur et de vertu."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Renoncer solennellement à. Abjurer un culte profane.
BOSSUET: « La seule chapelle royale a vu plus de trois cents convertis saintement leurs erreurs entre les mains de l'aumônier »
LAPLACE: « Quel spectacle que celui d'un vénérable vieillard [Galilée] abjurant à'genoux, contre le témoignage de sa propre conscience, la vérité qu'il avait prouvée avec évidence ! »

 2   Absolument. Des calvinistes abjurèrent lors de la révocation de l'édit de Nantes.

 3   Fig. Abjurer ses principes. Abjurer ses erreurs. Il abjura ses préventions. Abjurer le monde. Ce prince abjura toute prudence et se perdit.

 4   S'abjurer, être abjuré. L'hérésie s'abjurait. Des erreurs peuvent s'abjurer.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
D'AUB.: « A cela fut ajoustée une forme de serment pour le roi d'Espagne »

ÉTYMOLOGIE
    Abjurare, de ab, indiquant éloignemen, et jurare, jurer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    ABJURER. - HIST. Ajoutez : XIVème siècle
MACÉ: « Et Jesus, sollaux [soleil] de droiture, Le diable atrible et ajure, à cui com mortiex anemis Est por pechié toz [tout] hom sourpris »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Renoncer, par serment et acte public, à une religion ou à une doctrine regardée comme fausse. "Abjurer le judaïsme. Abjurer son erreur."
Il s'emploie quelquefois absolument. "Il abjura dans l'église de Notre-Dame. Après qu'il eut abjuré entre les mains de tel évêque."
Il s'emploie aussi figurément, et signifie simplement alors, Renoncer à. "Abjurer une opinion, un sentiment. J'abjure mes soupçons, mes craintes injurieuses. Elle avait abjuré toute pudeur, tout principe d'honneur et de vertu. Abjurer Aristote, Descartes," Abjurer la doctrine d'Aristote, de Descartes.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Renoncer à une fausse Religion, ou à une mauvaise Doctrine par serment et acte public. "Abjurer son erreur. Abjurer le Judaïsme".
On le met quelquefois absolument. "Il a abjuré dans l'Église de Notre-Dame. Depuis qu'il eut abjuré entre les mains d'un tel Évêque".
Il s'emploie aussi figurément, pour dire simplement, Renoncer à. "Abjurer une opinion, un sentiment. Il a abjuré Aristote, Descartes," pour, Il a abjuré la Doctrine d'Aristote, de Descartes.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Renoncer à une fausse Religion, ou à une mauvaise Doctrine par serment & acte public. "Abjurer son erreur. Abjurer le Judaïsme."
On le met quelquefois absolument. "Il a abjuré dans l'Eglise de Notre-Dame. Depuis qu'il eut abjuré entre les mains d'un tel Evêque."
Il s'emploie aussi figurément, pour dire simplement, Renoncer à. "Abjurer une opinion, un sentiment. Il a abjuré Aristote, Descartes," pour dire, "Abjurer la doctrine d'Aristote, de Descartes."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Abjuré", tout bref, 3e. "é" fer.: devant l'"e" muet, "j'abjûre", l'"u" est long, et il est bon de le marquer d'un acc. circ.] Renoncer solemnellement et publiquement à l'hérésie, à une mauvaise doctrine. Il est peu usité au propre; mais il s'emploie élégamment au figuré: 'Il "a abjuré" Aristote, Descartes, il y a renoncé. Bientôt on "abjûrera" Neuton et ses systêmes. Voy. ABJURATION.
   ABJURER, "Renoncer". Le 1er. se dit du mal, et c'est un bien; le 2e. se dit du bien, et c'est un mal: on "abjûre l'erreur", on "renonce à la vérité". On dit "abjurer" une hérésie, mais je ne crois pas, dit "la Touche", qu'on dise " la" vérité, " la" foi chrétienne; on doit dire "renoncer à la" foi, "à la" vérité, etc. Voy. RENONCER.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Renoncer à une mauvaise Religion, ou fausse doctrine par serment & acte public. "Abjurer son erreur. l'heresie. le Judaïsme. il a abjuré sa Religion".
On le met quelquefois absolument. "Il a abjuré dans l'Eglise Nostre Dame. depuis qu'il eut abjuré entre les mains d'un tel Evesque".




Emplacement dans le dictionnaire :

abîmé
abimé
abimer
abîmer
abiotique
abject
abjectement
abjection
abjuration

ablactation
ablais
ablaquéation
ablatif
ablation
able
able ou ablette
ablégat
ableret
abluer
ablution




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Benjamin CONSTANT (De l'esprit de conquête et de l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne)

...? Le traité ne tarderait pas à être conclu entre des nations qui ne voudraient qu'être libres, et celle que l'univers ne combattrait que pour la contraindre à être juste. On la verrait avec joie abjurer enfin sa longue patience, réparer ses longues erreurs, exercer pour sa réabilitation un courage naguère trop déplorablement employé. Elle se replacerait, brillante de gloire, parmi les peuples...


Citation n°2 de Benjamin CONSTANT (Principes de politique)

...de défendre un gouvernement qui s'abandonne lui-même, ce n'est pas promettre de s'expatrier avec lui : donner une preuve de dévouement à la faiblesse sans espoir et sans ressource, ce n'est pas abjurer le sol de ses pères : affronter des périls pour une cause qu'on espère rendre bonne après l'avoir sauvée, ce n'est pas se vouer à cette cause, quand, toute pervertie et toute changée, elle prend...


Citation n°3 de Benjamin CONSTANT (Wallstein)

...les remplissant, Et nos regards, à peine, en le voyant paraître, Sous des traits si changés le peuvent reconnaître. N'importe. Ces regrets qui viennent m'égarer, Ces faiblesses du coeur, il les faut abjurer, Ne voir dans les mortels qu'un instrument qu'on brise Et qui sert d'autant mieux que plus on le méprise. Impérieux destin, ton ordre est satisfait ! Tu m'entraînais au trône et j'y monte en effet....


Citation n°4 de BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (Harmonies de la nature : t. 2)

...est le centre, et le genre humain la circonférence. C'est elle seule qui nous fait homme et qui nous rappelle à la nature dans quelque partie du monde que nous soyons nés ; elle nous force d'abjurer, au moins intérieurement, les préjugés de familles, de corps, de nations, et nous défend d'êtres turcs, juifs, brames, africains, lorsque nous ne pouvons l'être sans cesser d'être hommes. Au milieu...


Citation n°5 de VOLNEY comte de (Les Ruines ou Méditations sur les révolutions des empires)

...de toutes ses jouissances : il s'environna de privations , et renversa les lois de la nature. Prenant ses plaisirs pour des crimes , ses souffrances pour des expiations , il voulut aimer la douleur, abjurer l'amour de soi-même ; il persécuta ses sens, détesta sa vie ; et une morale abnégative et anti-sociale plongea les nations dans l'inertie de la mort. Mais parce que la nature prévoyante avait...


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